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Un service d'aide au répit de Dordogne remporte le Trophée

31/12/2007

La fédération ADMR et l'Association des paralysés de France se sont associées pour créer un service d'aide au répit destiné aux parents d'enfants ou d'adultes handicapés.


Video-reportage
Lauréat du 3è Trophée Direction(s) : Le service de Rodolphe, ADMR Dordogne.

Cinq associations d'aide à domicile de Dordogne, pourtant concurrentes, ont choisi de coopérer pour permettre aux parents d'enfants ou d'adultes handicapés de souffler un peu. Elles collaborent au sein du Service de Rodolphe, une structure d'aide au répit à portée départementale. Mise en place et gérée en partenariat avec l'Association des paralysés de France (APF), elle a pour but de favoriser le maintien à domicile de l'enfant, voire de l'adulte handicapé en assurant le remplacement ponctuel du parent par un professionnel.

Un relais inexistant quand le groupe des parents de l'APF sollicite, en 2004, Guylaine Bégout, directrice de la fédération de Dordogne de l'Association du service à domicile (ADMR). « Les parents m'ont expliqué l'impossibilité de s'absenter, même quelques heures. Résultat : plus de vie sociale, et l'épuisement qui guette ». Elle décide donc de monter en partenariat avec l'APF, un service ad hoc, mettant à contribution des salariées de l'ADMR.

• Une formation sur mesure

Préalable indispensable, l'élaboration d'une formation pour les futures intervenantes. « C'était la principale exigence des parents, pour qui le diplôme d'auxiliaire de vie sociale (AVS) ne suffisait pas », rapporte la directrice. Celle-ci prend alors contact avec un centre de formation, en collaboration avec les parents. Une première formation de 24 heures d'assistante de vie auprès des enfants en situation de handicap voit le jour. Un groupe d'AVS de l'ADMR de Périgueux est formé en novembre 2005, sur la base du volontariat. Parallèlement, la fédération lance des demandes de subventions tous azimuts. De son côté, le groupe de parents effectue une enquête départementale : des besoins de répit émergent un peu partout dans le département. Avec ses cinq associations locales, l'ADMR ne couvre pas tout le territoire. « On s'est dit que pour répondre à l'ensemble des besoins, il serait bon de se pacser avec d'autres associations », raconte Guylaine Bégout. Quatre associations du département sont contactées : Aide à domicile aux personnes âgées (ADPA), Aide familiale à domicile (Afad), Aide et services aux personnes du Haut-Périgord (ASAPHP) et Périgord Famille. Quatre structures aux affiliations variées - le réseau Adessa, l'union UNA ou encore A Domicile fédération nationale.

• Création de partenariat

Toutes ont répondu présentes. « Les directeurs ont rapidement adhéré, et les conseils d'administration ont suivi », raconte Anne Delsart, présidente de l'ADMR Dordogne et maman du petit Rodolphe, aujourd'hui décédé, qui a donné son nom au service. « Je pense qu'on peut être concurrents et trouver par ailleurs des partenariats quand les enjeux le réclament, pour compléter une offre sur un territoire », estime Marie-Thérèse Thibaud, directrice de l'ASAPHP. « La convention de partenariat définit les territoires d'actions et la priorité d'intervention de chaque association. La concurrence ne joue donc pas pour ce service », note Anne-Laure Lesvenan, directrice de Périgord Famille.

Réunis tous les deux mois en comité de pilotage depuis septembre 2006, les partenaires ont signé en avril 2007 la convention de fonctionnement du service. S'engageant chacun à répondre aux demandes dans leur zone d'intervention, voire à pallier d'éventuelles impossibilités des partenaires sur le reste du territoire. Dans l'intervalle, plusieurs groupes d'AVS et techniciennes de l'intervention sociale et familiale (TISF) ont suivi la formation. Quelques-unes sont depuis passées à la pratique et une dizaine de familles ont ainsi pu avoir recours au service. « J'interviens chaque semaine dans le cadre de l'aide au répit. C'est la priorité de mon planning. Si la famille fait une demande qui coïncide avec une autre intervention à domicile prévue, l'association organise mon remplacement auprès de la personne âgée concernée », explique Alexandra Le Boucher, AVS à l'ADMR.

La réactivité est le maître mot du Service de Rodolphe, les demandes d'aide au répit étant par nature ponctuelles. Ce qui ne pose aucun problème à ces associations habituées à jongler avec les plannings. En termes d'amplitude horaire, si les partenaires demeurent souverains, certains ont toutefois prévu des dépassements pour coller davantage aux demandes des parents. Côté formation, un aménagement provisoire a été concédé par le comité de pilotage. Ainsi Périgord Famille, qui n'a pour le moment pas pu former de salariées, a recruté une aide médico-psychologique expérimentée afin de répondre aux demandes. « Nous restons fermes sur nos exigences. Mais le fait d'imaginer une solution intermédiaire, avant l'entrée en formation des TISF, est appréciable », reconnaît Fabrice Delille, membre du groupe de parents et du comité de pilotage.

Enfin, concernant les tarifs, l'homogénéité s'impose. « Pour offrir un répit aux parents, il ne faut pas de contrainte financière. Ils paient donc entre 0 et 5 euros de l'heure », explique la directrice ADMR. Les subventions ont été mutualisées, et sont gérées par l'APF. Le tarif est de 17,46 euros de l'heure : l'APF verse une participation allant de 12,46 à 17,46 euros en fonction de la situation familiale. « L'un des partenaires pratique un tarif supérieur, mais par souci d'équité, le seuil de participation maximal reste identique. Les parents qui choisissent cette association acceptent donc de verser le complément », souligne Guylaine Bégout. Qui se félicite par ailleurs de ne pas être l'administrateur des fonds.

• Une gestion neutre

Gage de neutralité, c'est donc l'APF qui a endossé ce rôle, sous le contrôle du comité de pilotage, et en lien étroit avec le groupe de parents. « On représente l'APF, c'est une caution vis-à-vis des familles. Nous avons fait part de nos besoins, nous avons été écoutés. Et nous continuons à travailler en concertation », expose Fabrice Delille. Un cercle vertueux nécessaire pour préserver le sens du service. Et sa santé financière (1). « L'enveloppe de subventions est limitée, aussi nous examinons attentivement les demandes, qui doivent bien correspondre à un besoin ponctuel de répit ou à une solution d'urgence en cas d'hospitalisation du parent, par exemple », explique Martine Guy, coordinatrice du service pour l'ADMR. Le Service de Rodolphe ne dispose pas encore d'un financement pérenne. Doté de 44 300 euros - dont 36 300 euros perçus à ce jour - il lui faudra repartir à la chasse aux subventions au terme de l'enveloppe. Puis étudier les pistes ouvertes par l'élargissement de la prestation de compensation aux enfants, ou bien encore envisager un groupement de coopération sociale et médico-sociale.

(1) Une petite dizaine d'institutions, parmi lesquelles le conseil général de Dordogne et la caisse d'allocations familiales, financent le Service de Rodolphe.

Marion Léotoing

Catherine Madelor, directrice de la délégation départementale APF de Dordogne

« Nous considérons ce partenariat comme une expérimentation. Tout d'abord, en matière d'aide aux aidants, thématique émergente fortement portée par l'APF au niveau national. Sur la forme aussi, car nous n'avions pas l'habitude de coopérer avec des associations d'aide à domicile dans le cadre d'un véritable partenariat. Quant à mon rôle de gestionnaire des fonds, il garantit l'application neutre des décisions du comité de pilotage. Je rends compte à ce dernier régulièrement et cela fonctionne très bien pour l'instant. »





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