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Socio-coiffeuse
La socio-coiffure, plus qu’un soin des cheveux

02/01/2019

La socio-coiffeuse exerce en milieu médical, médico-social et social afin de répondre aux besoins spécifiques des personnes fragilisées. Une action complémentaire au processus de guérison ou d’acceptation des maux.

Les socio-coiffeuses seraient déjà environ 200 en France. La profession attire une majorité de femmes qui interviennent auprès de publics fragilisés (par la maladie, le grand âge, le handicap…) et atteints dans leur intégrité physique ou souffrant de troubles psychiques (maladie d’Alzheimer, autisme…), ou encore en détresse sociale. Elles exercent aussi bien à domicile qu'en structures : établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), maisons des adolescents, milieu carcéral, centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), maisons d'enfants à caractère social (Mecs), centres sociaux, hôpitaux…  

Autour de l'esthétique et de l'image

Outre les prestations traditionnelles du salon de coiffure (coupe, brushing…), la socio-coiffeuse propose des massages crâniens, prépare la repousse d’une chevelure après la chimiothérapie, accompagne dans le choix d’un peigne ou d’un shampoing, ou encore anime des ateliers thématiques. À l’Institut de cancérologie Jean Mermoz, à Lyon, les patients bénéficient gratuitement de son intervention. « C’est davantage qu’un moment de détente : la socio-coiffure s’inscrit dans l’ensemble des soins de support que nous offrons et permet l’accompagnement des personnes pendant et après la maladie. Elle est proposée par les professionnels de santé lorsqu’ils identifient des besoins tournant autour de l’esthétique et de l’image corporelle. C’est une aide précieuse pour retrouver estime et confiance en soi », explique Amélie Malek, chef de projet de l’établissement.

Dans ce soin qui touche à l’intime, les socio-coiffeuses sont amenées à provoquer des contacts physiques, avec respect. « Nous savons nous positionner vis-à-vis du handicap, de la maladie et de la fragilité du patient. Nous sommes armées pour appréhender l’autre autrement, par ses émotions. Par exemple, après sa chute, je replace la personne face à son image », reprend Catherine Juin devenue socio-coiffeuse indépendante et qui intervient à l’Institut Jean Mermoz.

Un diplôme reconnu

Conseiller, rassurer tout en connaissant les fragilités physiques des patients : cela fait partie des compétences clés de ces professionnelles. Comme connaître les effets secondaires des traitements, les limites de certaines personnes, la résistance à la douleur ou la capacité à accepter d’être touché ou manipulé.

Si certaines sont salariées de salons ou de structures, la majorité d'entre elles travaillent en libéral. « Leurs tarifs sont les mêmes que ceux des coiffeurs à domicile, mais elles disposent d’une gamme de soins plus large, comme le shampoing sec ou au lit », explique Marie-Pierre Darthayette, fondatrice et directrice de la Soco Academy, seul centre de formation qui délivre à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), Lyon et Paris, un diplôme désormais reconnu au niveau IV. « Inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), la formation propose différents modules encadrés par des intervenants professionnels : communication avec le patient, connaissance des différentes pathologies, aspect psychologique du soin capillaire, prise en charge individuelle, hygiène hospitalière ou encore préparation d’ateliers en structures médico-sociales », détaille Marie-Pierre Darthayette. La profession est de plus en plus reconnue et l’équipe pédagogique de la Soco Academy de plus en plus sollicitée. Elle participe ainsi à différents groupes de travail avec le ministère des Solidarités et de la Santé sur des pratiques professionnelles, telles que la prise en charge des prothèses capillaires ou les troubles musculo-squelettiques des coiffeuses.

Sandrine Lana

« Pour garder une belle image de soi »

À la Résidence des Chênes, à Couzeix (Haute-Vienne), la coiffeuse Angélique Moulinjeune s’est formée à la socio-coiffure après dix ans d’activité dans la structure. « Nous nous considérons comme des praticiennes d’un soin non médicamenteux dans le dernier lieu de vie de ces personnes. Nous leur permettons de garder une belle image d’elles-mêmes, de lutter contre la déprime », explique-t-elle. L’équipe soignante la sollicite régulièrement pour des soins particuliers adaptés aux conditions physiques ou psychiques des résidents. « J’ai mis en place différents modules comme un jeu d’icônes que je présente aux personnes pour qu’elles expriment leur choix en s’emparant des images d’objets indispensables aux soins… » La socio-coiffeuse a une place particulière au sein d’un salon de soins partagé avec la socio-esthéticienne. « Il nous arrive de travailler en binôme. Lorsqu’une résidente est sous le casque de séchage, la socio-esthéticienne peut masser ses mains.»

Publié dans le magazine Direction[s] N° 171 - janvier 2019


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