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Tribune
"Pour que les mercis se voient sur les fiches de paie"

14/04/2020

Cadre dans un service d'aide et d'accompagnement à domicile (Saad) dans le Puy-de-Dôme, Sarah Bessière traverse la crise sanitaire du covid-19. Dont il faudra retenir des leçons : reconnaitre l'utilité sociale de métiers difficile et en pénurie à leur juste valeur.

 Notre secteur de l'aide à domicile se trouve dans un paradoxe. Depuis fin 2019, nous vivions un frémissement de reconnaissance par les pouvoirs publics avec les rapports Libault et El Khomri, mais avec sans cesse un report de la loi Grand âge et autonomie. Aujourd'hui, nos structures et nos personnels sont enfin clairement cités et reconnus comme étant un rempart pour éviter des hospitalisations et favoriser la sortie de patients des centres hospitaliers afin de les soulager et céder la place aux soins des patients atteints du Covid-19. Bonne nouvelle ! Une reconnaissance gouvernementale en pleine crise covid-19, c'est de l'espoir, de bonne augure pour notre secteur en sortie de crise. 
Alors, quelle est l'application sur le terrain ? Nous le savons, le changement culturel est long... Cette reconnaissance ne se décline pas instantanément. Sur notre territoire, très peu de masques délivrés par les officines malgré un arrêté, des infirmiers libéraux qui ne comprennent pas que les aides à domicile ne soient pas masquées pour travailler, le rectorat interpellée pour faire appliquer l'accueil des enfants de nos salariés dans les écoles, des familles et des bénéficiaires inquiets également... Et le personnel partagé entre devoir, engagement et leurs peurs et incompréhension de ne pas être protégés dans leur mission. Comment maintenir un climat de confiance quand, à l'insécurité de cette crise sanitaire, s'ajoute quotidiennement un rappel de cette insécurité pour toutes les parties prenantes ? Comment éviter la contagion de l'angoisse ? Nos solutions sont la communication quotidienne des actions de l'association pour trouver des masques, du gel hydro alcoolique, des rappels des bonnes pratiques, une permanence de notre référente santé. Mais cela ne suffit pas à rassurer et tranquilliser nipersonnel, ni les usagers. 
De cette crise, il faudra retenir des leçons. Que les métiers mal reconnus, en pénurie de personnel, soient enfin valorisés : formation plus complète, meilleur salaire, analyse des pratiques, temps passé en réunion, formations et analyses des pratiques professionnelles rémunérées... Pour que cette crise ne soit pas qu'un comptage des malades et des décès, pour que l'articulation entre les acteurs du domicile ne soit pas entachée par la défiance mais nourrie de complémentarités, pour que les mercis se voient sur les fiches de paie, pour que les personnes les plus fragiles restent confiantes quand à la capacité de l'État à les maintenir en sécurité chez eux. Cette crise est l'occasion de prendre soin de notre avenir. 
Sarah Bessière, cheffe de service, association Novavie






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