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Services à la personne
« Des dizaines de milliers d’emplois à la clé »

20/09/2017

L’idée d’une subrogation pour le paiement des services à la personne, avancée par certains acteurs économiques, sera-t-elle retenue dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2018 [1] ? C’est ce qu’espère le secrétaire général de l’Union nationale ADMR, Thierry d’Aboville.

Thierry d’Aboville, secrétaire général de l’Union nationale ADMR

En quoi consiste le mécanisme?

Thierry d’Aboville. L’idée est d’instaurer un système de « tiers payant » pour le paiement des services en permettant au crédit d’impôt auquel a droit tout client d’avoir un effet immédiat (et non plus de lui être remboursé au bout de 12 à 18 mois comme aujourd’hui). Celui-ci n’aurait plus qu’à s’acquitter de la moitié de la facture, le solde étant réglé par une banque, laquelle percevrait ultérieurement la créance de l’État. Cette subrogation permettrait de combattre le travail illégal et de soutenir l’activité des services, comme l’a montré l’étude consacrée aux enjeux économique du secteur [2], que nous avons portée avec la Fédération du service aux particuliers (FESP) en février dernier.

Vous escomptez aussi des créations d’emplois malgré les difficultés de recrutement du secteur ?

T. d’A. Un tel système a été instauré en Suède avec succès. Même s’il y a débat sur les chiffres, quelque 200 000 emplois pourraient être créés, soit 80 000 ETP. En tout état de cause, des dizaines de milliers d’embauches sont à la clé. Mais pour que cela soit efficace, le secteur devra effectivement poursuivre ses actions sur l'attractivité, les métiers, comme sur les risques professionnels. Car ses problèmes de fond, à savoir ses difficultés de financement et la question de l’inégalité territoriale, restent entiers.

L’intervention des banques ne sera pas gratuite. Qui paiera ?  

T. d’A. Le coût supplémentaire sera sans doute supporté par les ménages, mais sera probablement compensé en partie par la baisse du prix de revient des prestations, qui résultera des efforts de mutualisation engendrés par le développement de l’activité. Nous avions d’abord pensé que la Banque publique d’investissement (BPI) et la Caisse des dépôts avaient naturellement vocation à y prendre part. Or, il semble que cela reviendrait à augmenter le taux d’endettement de l’État… Cela mérite réflexion, car les bénéfices possibles pour les finances publiques sont importants (cotisations sociales supplémentaires, réduction des minima sociaux versés…). Déjà portée par la FESP et l'UNADMR, l’idée est désormais soutenue par les autres fédérations de la branche [3]. Ce qui lui donne plus de poids.

[1] Qui devait être présenté fin septembre.

[2] « Redynamiser les SAP », proposition de dispositif, cabinet Olivier Wyman, février 2017

(3)    UNA, Adessadomicile et la Fnaafp-CSF 

Gladys Lepasteur

Publié dans le magazine Direction[s] N° 157 - octobre 2017






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