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Insertion
Vers une Garantie jeunes 2.0

20/01/2021

La Garantie jeunes doit devenir un droit pour les 18-25 ans, milite le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse [1]. Les explications du président de sa commission de l’insertion, Antoine Dulin.

Pourquoi faire évoluer la Garantie jeunes, qui a pourtant atteint sa cible ?

Antoine Dulin. C’est vrai. Mais, même si c’est un bon résultat pour un dispositif d’insertion, seule la moitié des publics bénéficie d’une sortie positive au bout d’un an. En outre, la crise l’a rappelé, elle ne répond pas à toutes les problématiques des plus précaires. Cela prouve qu’elle n’est pas un supplétif aux minima sociaux, contrairement aux dires du gouvernement qui refuse l’extension du RSA au motif que la Garantie jeunes serait bien mieux ! Or, si le premier est un droit, la seconde reste un dispositif aux nombreuses limites.

Lesquelles ?

A. D. Sa durée notamment. Si on comprend l’idée de restreindre l’accompagnement à un an, ce verrou doit sauter concernant l’allocation, car il entrave l’accès à un certain nombre de droits. Le profil des bénéficiaires, centré sur les « ni étudiants, ni en formation, ni en emploi » (NEET), doit aussi être revu, car en sont notamment exclus les travailleurs occasionnels (temps très partiels, petits boulots…). Autre problème : la Garantie jeunes est un dispositif discrétionnaire à la main des missions locales qui, conscientes du fait que la démarche fondée sur « l’emploi d’abord » convient peu à ceux qui en sont le plus éloignés, aux décrocheurs ou encore aux sortants de l’aide sociale à l’enfance (ASE), ne la leur proposent même pas.

Que devrait-elle devenir ?

A. D. Le triptyque sur lequel elle repose, et qui fait sa force, doit être conservé : un accompagnement renforcé, financé par une structure d’accompagnement (à hauteur de 1600 euros), le tout couplé à une allocation permettant au bénéficiaire de se concentrer sur sa dynamique d’insertion sociale et professionnelle. Elle doit devenir la porte d’entrée du parcours : réunies sous sa bannière, les modalités d’accompagnement existantes pourront être mobilisées selon la situation du jeune qui, si besoin, perçoit l’allocation dont le montant doit être celui du RSA. C’est le seul moyen pour qu’il ne soit pas rediscuté chaque année en loi de finances.

La question du RSA ouvert aux moins de 25 ans serait-elle alors épuisée ?  

A. D. Si nos 29 propositions sont mises en œuvre, oui ! Ce sera un point de vigilance lors des travaux de réflexion annoncés en janvier par le gouvernement. Les objectifs assignés à cette task force devront être opérationnels et clairs, pour faire début 2022 de la Garantie jeunes 2.0 un droit pour les 18-25 ans, susceptible d’inspirer une nouvelle philosophie des minima sociaux.

[1] « La Garantie jeunes de demain », rapport remis le 7 janvier, à consulter sur www.vie-publique.fr

Propos recueillis par Gladys Lepasteur

Publié dans le magazine Direction[s] N° 194 - février 2021






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