Directions.fr : Le site des directeurs et cadres du secteur social et médico social

Formation des directeurs et cadres

Dossier spécial 2018

22/05/2017 -  Que vous soyez directeur ou cadre, que vous fassiez vos premiers pas dans votre fonction ou que vous soyez un professionnel aguerri, la formation continue est un passage incontournable pour prendre vos marques, du galon ou rester en phase avec les évolutions de votre secteur. Face à vos besoins, une offre pléthorique existe, de durée, de contenu et de niveau de qualification différents. Autant de raisons de vous proposer ce dossier spécial afin de vous aider à vous orienter. Au menu ? Une édition actualisée et enrichie qui, sans prétendre à l’exhaustivité, vous aidera à faire les bons choix.

SOMMAIRE DU DOSSIER :

  • Formation, l'embarras du choix
  • Le Cafdes, une qualification toujours recherchée
  • D3S, passage requis pour piloter un établissement public autonome
  • Des professionnels sur les bancs des facs et des grandes écoles
  • Le Deis, pour articuler recherche et animation de dispositifs
  • Le Caferuis, un cursus pour les cadres intermédiaires
  • Des stages et séminaires pour actualiser ses compétences

Diplômes et certifications
Des professionnels sur les bancs des facs et des grandes écoles

18/04/2018

Les formations supérieures destinées aux directeurs et cadres constituent un créneau porteur pour les universités et les grandes écoles. Qui développent aussi des partenariats avec des instituts régionaux du travail social. Objectif  ? Proposer des cursus ciblés, notamment de niveau I.

Besoin d’étoffer les compétences professionnelles, de renforcer l’expertise sur les politiques sociales, d’acculturer des profils issus d’autres secteurs d’activité [1]… Autant de raisons qui ont poussé les universités et les grandes écoles à investir le créneau de la formation des dirigeants de l’économie sociale et solidaire (ESS). Depuis les années 1990, les diplômes supérieurs à destination de ces cadres se sont multipliés. La fixation de niveaux de qualification pour exercer comme directeur dans le secteur social et médico-social [2] a conforté cette tendance. « D’autant que les employeurs apprécient la diversité des profils et une ouverture d’esprit différente de celle des “cafdesiens”, qui sont jugés plus formatés », pointaient les auteurs du bilan de la réingénierie de ce certificat [3].

Diversifier les profils et jouer la complémentarité 

« Le directeur doit sans cesse piloter le changement et définir des règles de management renouvelées », estime ainsi Marie-Thérèse Lorans, ancienne directrice d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), à Rennes, et intervenante dans le master « Économie et gestion des établissements sanitaires et sociaux » (Egess) de l’université de Rennes 1. Les établissements d’enseignement supérieur se positionnent donc comme prescripteurs de nouvelles qualifications pour entériner un parcours professionnel en proposant une spécialisation, voire une expertise. « Les universités accueillent de nombreux professionnels en poste, soucieux d’actualiser et de valider des compétences et souhaitant une reconnaissance sociale à travers un diplôme de niveau I », précise Paule Sanchou, ancienne présidente du réseau universitaire des formations du social (Rufs) à l’université de Toulouse.

En général, ces formations permettent d’élargir la palette de savoirs en gestion, management, ressources humaines (RH), évaluation ou politiques publiques. Les « étudiants » viennent se réapproprier des connaissances, mais aussi apprendre à manier des techniques et des outils nouveaux. « Confrontée à une mutation du métier, je me devais d’aller vers une meilleure efficience économique et une plus grande qualité de service », confie la directrice Natascha Léonard, titulaire d’un master « Management et marketing des structures de l’économie sociale » de l’université de Lille 2 et actuellement inscrite en master 2 « Management spécialité GRH » à Poitiers.

Avantages de ces diplômes ? Leur coût et leur durée. L’investissement financier varie entre 2 000 et 6 000 euros et la durée de la formation est généralement d’un an (de 400 à 800 heures). Ces diplômes sont donc prisés par les cadres qui veulent concilier études et obligations professionnelles. La sélection des candidats se fait à l’entrée sur dossier, puis sur entretien. L’enseignement théorique est souvent complété par un stage en milieu professionnel et un rapport de mission. Enfin, la rédaction d’un mémoire valide leur formation.

Se former à l’étranger avec les écoles de commerce

L’arrivée massive de ces formations universitaires a rebattu les cartes pour les instituts régionaux de travail social (IRTS). Beaucoup ont revu leur offre et décidé de jouer la carte de la complémentarité et de la double diplomation (notamment avec le Cafdes). En outre, ce type de diplôme correspond à la demande d’un certain nombre d’employeurs pour qui les directeurs sont parfois trop peu formés en matière de ressources humaines ou de gestion. Toutefois, si « la mise en place d’un partenariat avec l’université est générale dans l’affichage, [elle l’est] un peu moins dans la coopération opérationnelle, notent les auteurs du bilan de la réingénierie du Cafdes. De fait, la concurrence avec certains masters 2 ou avec les écoles de gestion semble être plutôt un frein au développement des coopérations effectives. »

Kedge Business School, l’Essec, Sciences Po… Les grandes écoles de commerce et de management ont, elles aussi, investi le champ. Masters et mastères spécialisés, Executive MBA, Executive masters… sont proposés, souvent en partenariat, là aussi, avec les centres de formation ou des organisations du secteur social ou médico-social. Parmi les atouts de ces formations de haut vol ? Certaines proposent voyages d’études et séminaires à l’étranger. Si les cursus à temps partiel sont compatibles avec l’exercice d’une activité professionnelle, leur coût n’est pas anodin (généralement à partir de 12 000 euros, certains dépassant les 20 000 euros).

Face à une offre pléthorique, chacun peut donc trouver son bonheur… à condition de s’y retrouver. D’où la nécessité de cibler ses besoins, de s’informer sur le contenu, le programme et l’équipe pédagogique. Pourquoi pas en utilisant son réseau pour en savoir plus.

[1] Lire Direction[s] n° 137, p. 20

[2] Décret n° 2007-221 du 19  février 2007

[3] Évaluation de la réingénierie du Cafdes, étude du cabinet Geste pour la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), novembre 2013

Manuel Jardinaud, avec Noémie Gilliotte






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