"On le sait, les indicateurs de la pauvreté et du chômage ne sont pas bons, a noté Nathalie Latour (FAS). Et pourtant, nous sommes au cœur d’un paradoxe : d’un côté, une volonté affichée par l’État de travailler à la résolution de ces problématiques par le travail et de l’autre la baisse du budget de cet outil adapté qu’est l’insertion par l’activité économique (IAE)." Le 14 février, les réseaux de l’IAE ont réuni la presse, au lendemain de leur rencontre avec la ministre du Travail. En jeu ? La baisse du budget 2025 alloué aux aides aux postes (- 50 millions), soit 11 000 parcours en moins. Sans compter la réduction du soutien des collectivités et des fonds européens qui, assortie aux effets de l’inflation, "fragilise le modèle". "En 2024, la moitié des structures sont en déficit", a abondé David Horiot (Chantier École). Autre inquiétude : le coup de rabot envisagé sur la formation (30 000 parcours en moins). Décidés à reprendre la main, les acteurs travaillent "à une proposition politique pour resituer l’IAE dans sa philosophie originelle" et invitent le gouvernement à considérer "son importance stratégique pour la cohésion sociale et la transition écologique juste". La tenue d’un séminaire de travail "dans les meilleurs délais" a été approuvée par le ministère.
Gladys Lepasteur